• 24H DE MARIGNANE

    un voyage dans l'inconnu

    vendredi 2, samedi 3 décembre 2011

     

    Génèse d'un projet fou

     

    La première fois que j'ai eu l'occasion d'entrebâiller le porte de l'univers  des coureurs de 24 h c'était au Pontet en 2009 j'étais venu y faire quelques tours de circuit et encourager Jean Louis (Le Solitaire) dont c'était la première participation à ce type de course.

    Voir récit  ici 

     

    J'y ai découvert un monde à part, des coureurs animés par une passion et un courage hors normes, j'y ai rencontré des gens attachants et modestes leurs qualités physiques et morales. Mais plutôt septique quand au plaisir de tourner en rond pendant 24 h,  j'ai trouvé formidable cette ambiance et cette solidarité entre coureurs.

    La deuxième incursion dans l'univers de l'ultra c'était l'année dernière pour les premiers 24 h Théléthon de Marignane, organisé par Jean Louis et toute une équipe de bénévoles. J'ai répondu présent ainsi que de nombreux Kikous venus des 4 coins de la France.

    Voir récit ici 

     

    À cette occasion j'ai participé aux 6 h par équipe avec Fab72 et mon frère Kéké013. J'en suis revenu plein d'images dans la tête et le cœur chargé d'émotions. Une belle réussite placée sous le signe de l'amitié. Tourner en rond pendant 24 h ne me paraissait plus aussi insolite, mais participer moi-même à un 24 h était encore du domaine de l'impossible tant physiquement que mentalement.

    Puis les mois ont passé, le début d'année 2011 a été difficile  pour moi, avec des petits soucis de santé qui m'ont atteint psychologiquement et dont il me reste encore des traces. J'ai continué malgré tout à courir, puis une blessure sous la voute plantaire m'a contraint à un arrêt prolongé me privant du coup d'une participation au marathon de Marseille. J'ai fait du vélo, de la marche sous toutes ses formes, j'ai aussi arrêté de travailler pour cause de retraite anticipée fin avril.

    Puis les mois ont passé, le début d'année 2011 a été difficile avec des petits problèmes de santé qui m'ont atteint psychologiquement et dont il me reste des traces. J'ai continué malgré tout à courir, puis une blessure sous la voute plantaire m'a contraint à un arrêt prolongé me privant du coup d'une participation au marathon de Marseille. J'ai fait du vélo, de la marche sous toutes ses formes, j'ai aussi arrêté de travailler pour cause de retraite anticipée fin avril. 

    Puis l'oiseau à fait son nid et à l'annonce d'une deuxième édition des 24 h de Marignane, sans trop réfléchir, je me suis dit et pourquoi ne pas tenter cette fois si le 24 h. Dans l'aventure j'ai embarqué le frangin qui s'est laissé convaincre sans trop de difficulté. Et mis août j'ai repris l'entraînement  sans préparer spécifiquement cette épreuve. Reprise progressivement bien sûr, car la douleur à la voute plantaire était toujours présente. Une visite chez mon podologue fut déterminante, car depuis je porte des semelles et la douleur s'est peu à peu dissipée. Tout doucement la forme est revenue, j'ai fait quelques courses et augmenté petit à petit la longueur des sorties. 

    L'échéance approchant, avec le frangin nous  avons accumulé les sorties longues, plus de fractionné depuis longtemps, aussi ma vitesse sur les dernières courses s'en est fortement ressenti, pas grave mon objectif n'était pas là.

    Mais comment peut-on être prêt pour un 24 h sans jamais avoir dépassé 30 km à l'entraînement ? Aussi il m'est arrivé dans une même semaine de faire deux sorties de 20 km. Les toutes dernières sorties j'ai ressenti une grande amélioration de ma condition physique. Par contre quasiment impossible de courir à l'allure que nous souhaitions tenir pour ces 24 h et ce n'est que lors de la dernière sortie sur une dizaine de kilomètres qu'avec le frangin nous avons validé notre vitesse 7k/h500 en alternant course lente et marche. Nous avions prévu ainsi notre tableau de marche pour ces 24 h :

     

    Objectif: 100 km

    Courir une cinquantaine de kilomètres jusqu'à minuit ou une heure du matin

    Puis repos jusqu'à 6 h du matin

    faire les 25 km suivants avant midi

    et  25 derniers kilomètres l'après-midi

    Et dès le départ alterner course et marche à l'allure convenue

    Côté ravitaillement, boire tous les 5kms, un gel tous les 15kms, pas de solide rien que du liquide

     

    Mais ça, c'était sur le papier........ 

     

     

    24H DE MARIGNANE

    24H DE MARIGNANE

    Marcel prêt à en découdre

    24H DE MARIGNANE

    Françoise84, Akunamatata, Calamaryou

     

    24H DE MARIGNANE

    Lapinouack et son petit ange,Trop mignon

     

    24H DE MARIGNANE

    Jean Louis, organisateur et coureur, pas facile

    24H DE MARIGNANE

    24H DE MARIGNANE

    Ingénieux système de gobelets avec numéro de dossard

     

    24H DE MARIGNANE

    A droite Fulgurex

     

    24H DE MARIGNANE

    Un 24h sans bière..... il ne  faut pas y compter

     

    24H DE MARIGNANE

    Didstzach83, Patmar13 et Xav04

     

    24H DE MARIGNANE

    Les chaussures à bout ouvert, système exclusif, signé Le Bagnard

     

    Nous voilà dans le grand bain

     

    Quel plaisir que de revoir tous ces visages  connus ou moins connus, tous ceux qui ont répondu une nouvelle fois à l'appel des organisateurs. Le plaisir de nouvelles rencontres. En plus cette année c'est ici que va se dérouler l'AG de l'association « les amis de Kikourous » certains sont venus de très loin  pour participer à cette assemblée et courir, qui  pour quelques heures, qui pour quelques tours. 

    Quel bonheur de faire la connaissance de Mustang, le voir en chair et en os « pour de vrai quoi » lui que je ne connaissais qu'au travers de ses récits qui m'ont fait apprécier ses qualités humaines. 

    Voilà c'est finalement le départ après un peu de retard à cause de petits soucis d'informatiques, en plus il a plu énormément l'après-midi et un lac s'était formé à l'entrée de la piste et il a fallu que les organisateurs évacuent cette flotte avec des bénévoles et les coureurs déjà présents. 

    Ça part très fort devant,  porté par l'ambiance et l'euphorie des premiers tours, difficile de se caller à la bonne allure. Je suis sur un petit nuage, nous bavardons avec les uns et les autres. Les tours s'enchainent avec facilité. « Bon mon gars va falloir que tu redescendes doucement de ton nuage sinon gare à la chute). Je me suis un peu trop couvert, j'ai un peu chaud, mais pas envie de m'arrêter pour me changer. 1Okm en 01h06 au lieu de 1h22 prévu, 20 km en 2h28 au lieu 2h44 prévu. À partir du 25e kilomètre ma douleur sous le pied se rappelle à mon bon souvenir tandis que je commence à avoir mal au dos, mon frère également. Je n'en comprends pas la raison, cela ne nous est jamais arrivé sur des sorties de cette distance. Nous marchons donc pendant quelques tours jusqu'au 30e kilomètre, au moment où le ciel se déchaine et un fort orage s'abat sur nous. Cela n'a pas duré longtemps, mais nous sommes trempés jusqu'à la moelle. Du coup le lac à l'entrée du stade s'est reformé et le circuit ressemble maintenant à un parcours de cross.

     

    Première erreur

     

    Avec le frangin nous décidons de nous arrêter repose un peu nos dos meurtris, prendre une douche et se changer, mais après cela plus le courage de repartir et ce fût notre première erreur, nous décidons d'aller dormir un peu après avoir avalé une bonne soupe chaude il doit être 23 h. 

    À 3h00 du matin je cogite un peu, j'ai envie de repartir, je suis totalement reposé, plus de douleur au dos, pas mal aux jambes, mais le frangin dort si bien que je n'ose pas le réveiller et je me rendors. 5H00 du matin il est temps de repartir, nous avons perdu trop de temps. Et après avoir absorbé un chocolat chaud et une barre de céréales, nous redémarrons, la température est un peu plus fraiche qu'hier soir un léger vent souffle sur le circuit, j'ai mis une tenue un peu plus légère et nous tournons....... tournons....... sans arrêt, toujours un peu trop vite tout de même.

    L'aube commence à pointer, un coq annonce le lever du jour, alors que l'étang de Bolmon nous renvoie ses effluves iodés et douçâtres. Des instants de plénitudes que je savoure. Pour l'instant tout va bien. Beaucoup de concurrents commencent à souffrir. Vers le milieu de la matinée alors qu'un agréable soleil nous réchauffe avec douceur nous décidons de faire un break, le mal au dos est revenu pour tous les deux, ainsi que ma douleur sous le pied, et pour Marcel douleur sous la cuisse gauche, nous obligeant à marcher. Donc petite visite chez le kiné pour remettre tout ça en place. Et c'est reparti comme neuf, nous arrivons à nouveau à courir sans douleur. J'ai un moral d'enfer, je sens que nous allons pouvoir réaliser notre rêve. Peu à peu nous rattrapons le retard sur l'objectif que nous nous étions fixé et ainsi vers 12h45 et même si nous marchons désormais  beaucoup, mais à une bonne allure tout de même, nous avons parcouru 74km à mon GPS qui tombe en panne à ce moment-là. Nous faisons une pause pour faire une petite sieste, car le mal au dos revenu progressivement est de plus en plus insupportable, sans parler des articulations qui commencent à rechigner, alors que nous n’avons pas mal aux cuisses.

     

     

     

    24H DE MARIGNANE

    24H DE MARIGNANE

    Bibi et le frangin (Photo Mustang)

    Quelque chose s'est cassé

     

    C'est reparti, mais oh !!! surprise lorsque nous passons devant l'écran des résultats moi qui croyais avoir  dépassé les 75 km, que m'indiquait mon GPS, nous en sommes à peine  71 km. Je comptais passer rapidement le cap des 80 km qui pour moi était la distance psychologique pour pouvoir arriver à 100 km, voilà qu'il en manque presque 10 pour franchir ce cap. À ce moment-là quelque chose s'est cassé en moi, plus le moral. Le frangin lui il s'en fout c'est pas ça qui va l'arrêter.

    Nous continuons, nous marchons  d'un pas rapide, et conservons un bon rythme, mais plus moyen de courir, le mal au dos est trop fort, nous parcourons une dizaine de kilomètres. Le vent s'est levé et il fait de plus en plus frais. Puis je craque nerveusement. J'ai froid, j'ai mal au dos, j'ai l'impression que si je continue je vais me bloquer et ne plus pouvoir me lever demain. Nous nous arrêtons pour nous reposer un peu. Je suis dans un état de nervosité extrême, séquelles de mes problèmes de début d'année. Je sais déjà que je ne vais pas repartir. Je sais aussi que le frangin malgré la douleur pourrait continuer un peu, mais il n'ose pas me laisser là et continuer sans moi, me renvoyant l'ascenseur quand de l'ai aidé à terminer sur le marathon des Alpes maritimes en 2009.

     

    24H DE MARIGNANE

    A l'arrivée Françoise épuisée, mais heureuse

     

    Voilà résultat final 81k800, certes un peu déçu, mais fier d'avoir participé à un tel challenge.  J'avais dit au soir de l'épreuve plus jamais ça. Mais fort de cette expérience et de sensations jusque-là jamais ressenties, je reviendrai, enfin je le souhaite, sur un 24 h. 

    Nous allons assister à l'arrivée des héros de ces 24 h qui arrivent à sourire malgré la fatigue, un grand coup de chapeau à eux. Que ce soit sur 6 h, 12 h ou en open, chacun son défi, chacun son mérite, chacun sa manière d'avoir vécu cet événement,  bravo à tous et à toutes et évidemment on ne le répétera jamais assez, un grand merci à tous les bénévoles, pour leurs petits mots gentils, leurs encouragements.

     

    Epilogue

    Dimanche, après une grasse matinée je me lève et surprise aucune douleur musculaire, plus de mal au dos, quelques douleurs tendineuses bien sûr, les pieds sont en parfait état. Ça, c'est une sacrée bonne surprise moi qui pensez que je n'arriverai pas à me lever.

     

    TOUTES LES PHOTOS ET RESULTATS SONT

     ici

     

     

    A BIENTOT

     

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