• La cabane de l'ours

     

     

     

     SPTIZBERG 1994

    Par une bonne brise du sud-ouest, notre voilier " l'Âme du large" quitte enfin Longyearbyen, l'attente a été longue, les conditions météo n'étant jusqu'alors peu favorables à la navigation, en effet celle-ci est rendue dangereuse par la présence de hauts fonds et les écueils sont nombreux dans ses fjords. La grande voile est hissée, et chacun participe à la manœuvre. Cyprien, un de nos skippers, me confie la barre.  C'est une expérience nouvelle  pour moi qui, bien que méditerranéen, ne suis pas très attiré par la mer. Il fait plutôt froid sur le pont, mais quelle sensation grisante que de sentir le bateau porter par le vent, la houle n'étant pas très forte j'ai l'impression que le voilier glisse  au-dessus les flots.

     

     

     

     

    La cabane de l'ours

    Les lointains ne laissent apparaître que de vagues formes vaporeuses et bleutées , puis  les reliefs deviennent nettement marqués  et bientôt des montagnes et des glaciers apparaissent  - masses brunâtres, très érodées,  à la maigre végétation et piquetées de neige par endroits. Les sommets sont invisibles, car recouverts par un capuchon nuageux très dense.  Des glaciers jettent des langues immenses vers la mer pour se terminer en fronts glacières qui l'été produisent parfois des icebergs qui se détachent dans un fracas  assourdissant.

    De nombreuses espèces d'oiseaux animent, par leur présence et par leur cri, les cieux  - sternes, cormorans, grands labbes, oies bernaches, mouettes, macareux, pétrels volants au raz des vagues. Des phoques sortent la tête hors de l’eau et nous regardent avec curiosité et disparaissent aussitôt. Quant aux baleines, elles sont devenues rares dans ses parages, car trop longtemps chassées. Mais nous aurons l'occasion de voir des bélougas lors d'une autre sortie.

    Nous débarquons dans une petite hanse bien abritée et nous commençons l’exploration de ce bout de terre coincée entre la mer, à l’ouest, et de hauts escarpements, à l’est. Nous dirigeons nos pas vers une falaise, qui nous a été  indiqué comme abritant plusieurs colonies d’oiseaux. Nous marchons sur une toundra gorgée d'eau ou nos pieds s’enfoncent à chaque pas, une brise légère et fraîche nous accompagne. Nous rencontrons bientôt des traces de la présence d'un important rassemblement d'oies sauvages - les fientes et les empreintes ne laissent aucun doute à ce sujet -  mais point d’oiseaux, ils sont maintenant partis vers d’autres horizons.

     

     

    La cabane de l'ours

    Cette journée a été marquée par un incident qui démontre si besoin est que ces contrées sauvages peuvent être extrêmement dangereuses pour un voyageur inexpérimenté. À quelques centaines de mètres devant  nous une cabane de chasseurs de rennes, à proximité une forme blanchâtre qui se déplace lentement, puis qui disparaît sans que nous ayons pu l'identifier avec précision. Nous approchons de la cabane pour nous apercevoir que les vitres sont cassées,  j’hésite un instant à regarder par la fenêtre ce qu’il y a l’intérieur, car à n’en pas douter  c’est l’œuvre d’un ours polaire et un moment je crains qu’il ne soit encore dans la cabane........

    A suivre....... 

     

    La cabane de l'ours

    La cabane de l'ours

      Guillemot à miroir

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